Dominique-Vivant DENON

Dominique-Vivant Denon (1747-1825), né à Chalon sur Saône, est un homme aux multiples facettes, premier directeur du Musée Napoléon au Louvre (1802-1815) qui inventa la muséographie moderne et lança la mode de l'égyptomanie. Il a fait l'objet de nombreuses études historiques depuis une trentaine d'années.

Ce site est consacré au recollement de toutes les informations, sources, travaux, références sur la vie et l'oeuvre de Dominique Vivant Denon. Il est géré par le secrétariat de Comité National Vivant Denon, hébergé par le Centre de Chalon sur Saône de l'Université pour Tous de Bourgogne.

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Portait Denon

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Portrait de Denon d'après Pierre Rosenberg

Dans la préface  à son ouvrage Les vies de Denon Pierre Rosenberg s’interroge sur ce que la postérité a retenu du personnage. Malgré des talents d’écriture, Dominique Vivant Denon n‘a pas laissé de mémoires. Il en aurait eu pourtant la matière, lui, le contemporain des grands de l’époque, de la littérature à l’Histoire, aux arts et aux sciences. Attendait-il que d’autres s’en chargent ? Il ne survit que grâce au Louvre et à un roman libertin, c’est peu …

Vivant Denon est d’abord un voyageur, diplomate très jeune, archéologue, dessinateur et égyptologue avant l’heure, chargé de constituer un musée, " le plus beau musée de l’univers". Les missions de diplomate conduisent d’abord Denon en Russie puis à Naples, il s’agit pour lui de rétablir des relations meilleures entre Versailles et ces deux pays mais aussi de donner à la France un rôle politique prépondérant en Europe. Quel rôle exact pour lui, dans ces deux cours ? Cela reste vague, on sait qu’il ne s’épargna aucun effort mais ces missions sont des échecs, Denon est expulsé de Russie et de Naples.

De Naples, il rapporte des vases antiques, dits étrusques, qu’il ne tarde pas à vendre au roi, c’est la marque de son caractère : la diplomatie et la collection font bon ménage. Entre Saint-Pétersbourg et Naples, il découvre l’Italie, le voyage à Rome était de règle à l’époque.

C’est l’abbé de Saint-Non qui engage Denon pour ce voyage afin de réaliser un guide illustré de l’Italie, notamment pour le sud et la Sicile. Il s’agissait, aidé d’une brigade d’artistes, de réaliser des dessins des sites visités, de rédiger les récits correspondants. Tout s’était bien déroulé et le premier volume paraît, signé Saint-Nom qui avait réécrit Denon bien médiocrement. Celui-ci rétablit le texte pour la seconde édition.

Denon a 40 ans, il est à la tête d’une belle fortune, entre ventes de vases et pensions diverses, il sait dessiner, il a appris à graver avec Hallé, atelier prestigieux, il semble vouloir se compter parmi les artistes vivant pour les beaux-arts et obtenir une reconnaissance officielle, ce sera fait par la réception à l’Académie royale de peinture et sculpture. Son activité de dessinateur graveur ne cesse guère, ses œuvres se reconnaissent : ce sont des paysages, des scènes de genre mais les meilleures sont des portraits, y compris le sien. Il se révèle un observateur hors-pair, comme quand il est témoin de la Terreur.

Il ne semble pas que son style évolue même s’il est ouvert aux nouveautés techniques, la lithographie, par exemple mais il reste un homme du XVIIIème siècle, il s’empare des progrès à son profit

En 1786, il est à Venise et se livre à la collection. Il connaît l’amour auprès de la comtesse Albrizzi, sa seule grande passion et se livre - peut-être - à des activités d’espion.

En 1789, Denon s’est fait un nom dans différents domaines, la diplomatie, la littérature, les beaux-arts, c’est aussi un homme du monde mais il ne s’est imposé nulle part, on l’admire même pour ces talents multiples qui pourraient être qualifiés d’inconstance. En pleine Terreur, il s’installe à Paris, rencontre Robespierre – aux Tuileries, dans l’appartement même de Marie-Antoinette où Denon a servi vingt ans plus tôt, il évoque lui-même « la coupe amère du souvenir. En 1794, il est rayé de la liste des émigrés et, tout en vendant ses œuvres d’art  (et des diamants ?), rencontre Joséphine puis Bonaparte, là aussi les récits divergent, le vague subsiste. En mai 1798, il embarque comme savant pour la campagne d’Egypte. Denon observe et dessine, ses récits et descriptions sont très beaux, son Voyage dans la Basse et la Haute Egypte connut un grand succès. Il fait preuve, au cours de cette expédition, des qualités requises pour être le grand commis dont Napoléon rêvait, un connaisseur des arts, un diplomate, un organisateur. Denon est nommé, en novembre 1802, directeur général des Musées, d’autres titres et fonctions viendront s’y ajouter.

Quelle influence Denon exerça-t-il sur l’art de son époque ? Quel fut son rôle précis ? Dans bien des domaines, le flou demeure et l’imprécision règne dans la hiérarchie et la décision.

Il faut recevoir et présenter les œuvres d’art des conquêtes de l’Empire pour qu’elles soient accessibles au plus grand nombre, le Louvre s’impose, une place essentielle est réservée à la sculpture antique. On achète des collections, organise des Salons et des concours, des cérémonies et manifestations pour promouvoir la gloire de l’Empire, Napoléon se remarie dans le salon carré du Louvre, le 2 avril 1810. Denon voyage à Venise, en Allemagne, en Autriche, en Espagne. Il rapporte des dessins pris sur les champs de bataille d’où il rapporte des œuvres d’art prélevées chez les vaincus qui feront du Louvre "le plus beau musée de l’univers". Comment Denon put-il mener à bien cette tâche sans faire preuve d’une énergie inépuisable ? La part de liberté laissée à Denon par l’Empereur était importante.

Denon contribua-t-il à faire diffuser le style Empire ? Comprit-il l’enjeu ? Il entretient des rapports difficiles avec les artistes, Fontaine, l’architecte, et David, le peintre dont il fut pourtant l’ami, en sont des exemples. Les jalouse-t-il ? Les méprise-t-il ? Lui-même s’était voulu artiste …

La défaite de Napoléon, l’abdication,  le retour de la monarchie  puis celui de Napoléon et enfin la défaite de Waterloo vont bouleverser l’avenir du musée et le Louvre est démantelé en 1815 pour punir les Français. Les œuvres sont dispersées, rendues quand elles avaient été spoliées, le Louvre sera vidé  mais survivra.

Denon démissionne, il se retire quai Voltaire, face au Louvre. Il reverra la comtesse venue le visiter à Paris. Lui, ne voyage plus. iI grave, pratique la lithographie, reçoit des étrangers qui le sollicitent et se consacre à l’histoire de l’art.

Sa collection frappe par son étonnante diversité et montre, outre ses autres qualités, une insatiable curiosité. Tout le passionne, les hommes comme la nature, le passé comme le présent. Sa collection est ouverte sur tous les siècles et toutes les civilisations ; en refusant de hiérarchiser, Denon s’est volontairement éparpillé, la curiosité passe peut-être avant la qualité. On ne sait jamais à quel Denon on a à faire, il est multiple, comme le sont ses talents : homme du monde, diplomate, narrateur, dessinateur, lithographe, collectionneur, séducteur auprès des dames ? Était-il ambitieux ?

Il n’a pensé qu’au Louvre, son musée …