Visconti
Ennius Quirinus Visconti, responsable des antiques sous l'autorité de Denon
Visconti est le plus proche collaborateur de Denon. Il s'était dejà taillé une réputation en Italie comme antiquaire. Le consulat l'attire au Louvre en 1799 et lui confie un poste de professeur d'architecture. Denon le nomme responsable des sculptures antiques peu après sa nomination.
Ennius-Quirinus ou Ennio Quirino Visconti, ne à Rome le 30 octobre 1751, décède à Paris le 7 février 1818, était un archéologue d'origine italienne sous le Premier Empire.
Son père se chargea seul de son éducation et le fit étudier dès son plus jeune âge les langues, vivantes et mortes, la littérature et les sciences. Enfant ingénu et timide, sa prodigieuse mémoire au service d'une intelligence toute aussi exceptionnelle le firent reconnaitre comme savant précoce à l’âge de 4 ans
Il se maria à la demoiselle Doria en 1785, union bénie par son père avant sa mort.
Visconti publia plusieurs ouvrages et fit de l'archéologie une science presque exacte.
Les conflits en Italie le mirent en fuite. il se réfugia en France.
A peine foula-t-il le sol français, qu'il reçut, sans l'avoir demandé, un brevet, en date du 18 décembre 1799, qui le plaçait au nombre des administrateurs du Musée des antiques et des tableaux, que l'on formait alors dans le Louvre.
Il fut rapidement nommé professeur, mais sa piètre connaissance de la langue française le fit dispenser du soin de professer.
Mais dès son arrivée il s'occupa de la muséographie du Musée des antiques, ou se trouvèrent bientôt réunis les chefs-d’œuvre de Rome, de Florence, puis tous les trésors des Palais Borghèse, ce qui forma la plus riche et la plus magnifique collection qui ait jamais existé dans le monde.
A la fin 1803, Denon fut nommé directeur général du Musée, Dufourny, conservateur des tableaux, Visconti, conservateur des antiques.
L'institut de France, se devant de compter Visconti parmi ses membres, il fut nommé le 28 janvier 1803 à la classe des beaux-arts et placé dans la section de peinture (que l'on venait de porter à huit membres au lieu de six, afin d'y faire entrer Denon et lui). L'année suivante, le 20 juillet, il intègre la classe d'histoire et de littérature ancienne (ancienne Académie des inscriptions et belles-lettres).
En 1804, Napoléon 1er, désirant employer Visconti d'une manière plus digne encore de ce savant et de lui -même, lui demanda de rassembler grand nombre de portraits d'hommes illustres, grecs et romains, pour en former une collection. Sur-le-champ fut ordonnée l'exécution aux frais du gouvernement de l'iconographie grecque et romaine. L’iconographie grecque, a été publiée en trois volumes, tous sous la date de 1808. Le premier volume de l'iconographie romaine à été donné en 1817, peu de temps avant la mort de l'auteur.
L'Empereur le fit Chevalier de I‘Empire le 2 juillet 1808, Chevalier de la Légion d'honneur et Chevalier de I'Ordre de la Réunion. Il fut fait Marquis Visconti (retour d'un titre ancien) par la Restauration française.
Depuis l'année 1816, Visconti ressentait les troubles d'une maladie organique qui devait le conduire au tombeau. Sa tête conservait son énergie, mais sa main refusait d'obéir.
Il expire le 7 février 1818, après de longues souffrances, et est inhumé le surlendemain au cimetière du Père-Lachaise.
Ses obsèques furent encore pour lui un jour de triomphe. Il semblait que chacun des Etats de I'Europe eût formé une députation pour у prendre part. L'ltalie, la Grèce, I'AIIemagne, la Suède, le Danemark, I'Angleterre, I'Espagne, le Portugal, s'y trouvèrent représentés par des hommes illustres.
Article Wikipedia sur Visconti
Rôle de Visconti et Denon dans l'acquisition de la collection Borghese
Anecdote
Extrait de la notice d'Albert de la Fizelière
Un grand personnage, ennemi de Denon, entreprit un jour Visconti, le conservateur des Antiques, et tenta de lui insinuer adroitement le désir de le supplanter.
Il faisait valoir, pour arriver à ses fins, la supériorité scientifique de Visconti en matière d'archéologie.
Celui-ci répondit simplement : « J'ai plus lu, plus étudié que Denon; mais pendant que je cherchais les choses, il allait les voir. Nous avons donc besoin l'un de l'autre pour nous compléter, et puis enfin, quand j'ai dit tout ce que je sais, ce diable d'homme devine le reste.
« C'est Denon lui-même qui m'a choisi pour le seconder. Il soigne chaque jour les intérêts de mon honneur et de ma renommée. J'aime mieux ma place avec lui que la sienne sans lui. »
Il serait difficile de décider auquel des deux hommes en cause dans cette affaire une pareille réponse fait le plus d'honneur, ou à l'honnête et loyal subordonné qui l'a faite, ou au chef juste, soigneux des intérêts de chacun, digne en tous points de sa haute position et dont l'incontestable supériorité a pu l'inspirer.
L’État est assurément bien servi et la chose publique prospère quand les affaires du pays sont en de telles mains.
Que n'en est-il toujours ainsi !