Clermont d'Amboise
Jean-Baptiste Charles François, marquis de Clermont d’Amboise est né à Paris le 6 août 1728. Marquis de Resnel et de Monglas, il fut appelé d’abord le chevalier de Clermont-Gallerande et devint colonel du régiment de Bretagne après la mort de son frère aîné (1746). Maréchal des camps et armées du roi, gouverneur de Chaumont, il fut fait chevalier de Saint-Louis en 1769. Il a épousé, par contrat de juin 1769, la fille du marquis de Moustier. Après avoir été ambassadeur de France au Portugal (mars1769 à juillet 1771), il est nommé ambassadeur à la cour du roi des Deux-Siciles à Naples.
C'est là que Denon va faire sa connaissance, lors de son voyage en Italie pour l'ouvrage de l'abbé de Saint Non. Pendant son premier séjour à Naples (novembre 1777 - avril 1778) Denon et son groupe se retrouvent souvent chez l'ambassadeur, qui les accompagne dans certaines de leurs visites (Pompéi). L'ambassadeur lui obtient une invitation au bal de la noblesse dans le palais du roi pour carnaval (février 1778).
Armoiries du marquis de Clermont d'Amboise
Les deux hommes étaient faits pour s'entendre : Clermont est grand amateur d'art. Le catalogue de la vente aux enchères de sa collection à Paris en mai 1790 fait état de nombreux tableaux de maîtres, dont des Greuze, Ruysdael, Poussin, Breughel, Lucas Giordano, Vernet …
C'est au retour de son voyage en Sicile (novembre 1778) que Denon sollicite un poste de secrétaire d'embassade auprès de Clermont. Hennin, lui répond le 23 février 1779 :
« Je consens très volontiers, Monsieur, à ce que vous profitiez des dispositions favorables de Monsieur le Marquis de Clermont d’Amboise, pour vous fixer auprès de lui et quoique la Cour de Naples ne soit pas une des plus actives de l’Europe, je crois que vous pouvez y continuer utilement à vous former aux affaires ».
Clermont demande un congé pour visiter l'Italie. Accord lui est donné le 13 mars1781 :
« …la permission que vous avez demandé de voyager en Italie…et sa Majesté vous autorise à présenter M. Denon comme chargé d’affaires pendant votre absence… ». Le départ de Clermont n'aura lieu qu'en juin 1782.
«…J’ai présenté M. Denon à la Cour, à Monsieur le Ministre de la Sambuca ainsi qu’au corps diplomatique et à la principale noblesse et j’ai vu avec plaisir que l’estime et l’amitié qu’il a su se concilier généralement ont fait applaudir unanimement au choix que vous m’avez autorisé d’en faire pour être chargé des affaires du Roy pendant mon absence. »
Clermon recommande une nouvelle fois Denon à Hennin :
«…j’ai l’honneur de recommander à vos bontés M. Denon, il est parfaitement au fait de tout ce qui concerne la Cour de Naples où il est généralement aimé et considéré, surtout de leurs Majestés siciliennes, je suis sûr que vous serez content de son intelligence et de son zèle. »
Denon fait part de ses sentiments à Hennin suite à ce départ :
« Je viens de perdre, Monsieur, le plus aimable des ambassadeurs et le plus tendre des amis, il va vous trouver et me recommander à votre amitié, je serais cependant jaloux de ne pas vous devoir en particulier ce sentiment, la bonté avec laquelle vous m’avez toujours traité, me fait espérer que je ne serai pas seulement pour vous un homme à affaires. »
En janvier 1784, Clermont fait valoir ses droits à retraite. Il sera remplacé par le baron de Talleyran en avril 1785, et ce sera la fin de la mission diplomatique de Denon.
Clermont sera ensuite député aux Etats généraux de 1789 suppléant noblesse au baillage de Provins - désigné comme gouverneur de Chaumont en Bassigny. Il est tué le 10 août 1792 à Paris en défendant le Palais des Tuileries à l'âge de 64 ans