Durand de Distroff

Article de Wikipédia sur François-Michel Durand de Distroff

Pour son dernier poste diplomatique, François-Michel Durand de Distroff a été désigné comme ambassadeur à Saint Pétersbourg en octobre 1772.

Dès janvier 1773, Denon va le rejoindre, lui transmettant un courrier du duc d'Aiguillon :

« Je charge de mes réponses le Sr Denon qui va vous joindre et dont la diligence égalera à peu près celle de la poste »

En cours de route, Denon s'arrête à Königsberg, où il tente de libérer le bagage de l’ambassadeur qui y est retenu :

« …Vous aurez sans doute été informé directement, Monsieur, de la nouvelle et très ridicule difficulté qu’essuient vos malles à Königsberg : Mr Denon a bien voulu se charger de voir tout cela par lui même » (lettre de Gérard, Résidant à Dantzig, à Durand).

Denon est l’homme de circonstance, homme du monde et observateur de talent, spirituel et d’un contact agréable, en particulier avec les dames, il devient un informateur idéal et peut recueillir les informations dont le ministre des Affaires étrangères, le duc d’Aiguillon a besoin. A partir de 1773, la correspondance diplomatique cite souvent Denon en de nombreux éloges.

Durand apprécie les services de Denon, et demande très vite qu'il lui soit attribué une promotion :

« M. Denon gentilhomme ordinaire chez le Roy est venu s’associer à mon travail, ses talents méritent d’être encouragés et ils le seraient si vous jugiez, Monseigneur, pouvoir lui accorder un brevet de conseiller de légation, qui partagerait avec lui la reconnaissance de cette grâce…» (mai 1773)

Denon n'est alors que gentilhomme d'embassade, sans appointements. Cette demande sera rejetée.

Dans de nombreux rapports ultérieurs, Durand soulignera l'importance des activités de renseignement de Denon.

Durand soutiendra Denon lors de l'affaire de « l'évasion » de l'actrice Dorseville, qui vaudra à Denon son expulsion de Russie en mai 1774. Il écrit de sa main au duc d'Aiguillon :

« Monseigneur, Je crois pouvoir vous prier de ne point témoigner de mécontentement à ces Messieurs de la rigueur qu’ils éprouvent. On leur a fait un crime de ce qui serait regardé comme un mouvement de compassion dans tout autre pays. Les circonstances et le peu d’amitié qu’on a pour nous [pour les Français] ont plus de part que la justice à la vivacité de ce procédé [l’expulsion]. Jusqu’à ce moment leur conduite honnête leur a mérité l’estime des personnes qu’ils ont fréquentées, et je crois, Monseigneur, que ce serait une consolation à leur donner dans l’instant présent que de mettre à profit le zèle qu’ils témoignent au service du Roi »

Durand, qui prend sa retraite de diplomate, est remplacé à Saint Pétersbourg par Jacques Gabreil Louis Le Clerc, marquis de Juigné, en décembre 1774, quelques mois donc après le départ de Denon.