Hennin
Article de Wikipédia sur Pierre Michel Hennin
On ne saura probablement jamais si Denon avait une mission diplomatique secrète lors de son voyage en Suisse. Il y a cependant rencontré bon nombre de personnalités de haut rang, dont Hennin qui est alors ambassadeur de France auprès de la République de Genève – il fait état de cette rencontre dans sa lettre du 5 juillet 1775 à « M. le Comte » (sans doute Vergennes).
Hennin lui remet alors une lettre de recommandation pour le marquis d'Aigue Blanche (résident français à Chambery), lequel lui ménagera une longue entrevue avec le roi Victor-Amédée III de Savoie.
Devenu Ministre de l'Intérieur, Vergennes appelle auprès de lui Hennin, comme premier commis des Affaires Etrangères. C'est donc à ce titre que Denon sollicite Hennin en janvier 1779 pour un poste de diplomate à Naples:
«… L’amitié de M. le Marquis de Clermont pour moi, ne pourrait elle pas être un moyen de me manifester celle que vous m’avez accordée avec tant de bonté ? est-ce une indiscrétion que de vous demander le titre de secrétaire d’Ambassade après avoir eu il y a six ans la promesse et tous les avantages d’un plus brillant dans celui de gentilhomme d’ambassade que je portais avec l’agrément du Ministre… »
Hennin, qui se souvient de Denon (« Je me rappelle très bien le peu de moment où j’ai eu l’honneur de vous voir à Genève ») donne son accord à Clermont d'Amboise : «…Le suffrage que vous accordez au S. Denon ajoute à la bonne opinion que j’avais de lui, je suis très aise que vous jugiez qu’il peut remplir utilement auprès de vous les fonctions de Secrétaire d’Ambassade et j’espère que vous n’aurez jamais qu’à applaudir à son application et à ses qualités personnelles… ».
Hennin va être le supérieur hiérarchique direct de Denon pendant tout son séjour à Naples, et les échanges de courriers vont être très nombreux. Au-dela des rapports diplomatiques, Denon renseignera Hennin sur les antiquités d'Herculanum, lui fera parvenir les ouvrages du Prince de Torremazza. Ils échangeront plusieurs lettres personnelles, hors le courrier diplomatique officiel.
Denon va connaître beaucoup de difficultés dans ses fonctions auprès de la Cour de Naples, en particulier parce qu'il rapporte les intrigues d'Acton, le favori de la reine. Il sera à plusieurs reprises rappelé par Versailles à plus de discrétion, mais Hennin continuera à le soutenir :
« …Je suis fort sensible, Monsieur, aux vœux que vous m’exprimez à l’occasion de la nouvelle année. Vous connaissez le désir que j’ai eu depuis longtemps de vous mettre à portée de mériter les grâces du Roy. La manière dont vous vous êtes conduit jusqu’ici à Naples ne fait qu’y ajouter. Continuez à remplir vos devoirs avec la même exactitude et ne vous affligez pas de contrariétés dont la véritable cause est connue du Roy et qui ne peuvent vous nuire à aucun égard. » (6 janvier 1884).
Malgré ces protections, Denon pâtira de ses difficultés avec la Cour de Naples, et devra quitter la diplomatie en septembre 1785, mais il obtiendra une pension de 2400 livres et une gratification extraordinaire de 10 000 livres – le décret royal les lui attribuant a dû être présenté à la signature du Roi par Hennin, en sa qualité de Secrétaire de la Chambre et du Cabinet du Roi.
Le contact n'est pas rompu entre les deux hommes après cette période diplomatique. Ils correspondent sur des sujets liés au commerce et à l'art. Hennin lui écrit en mars 1788 : «..Vous devriez graver votre tableau de Robert. Il est du genre qui s’accorde le mieux avec votre manière »