Vergennes

Article Wikipédia sur Charles Gravier de Vergennes
Portrait par Antoine-François Callet - 1781 (Musée des Beaux Arts Dijon)

Article Wikipédia sur Charles Gravier de Vergennes

Vergennes est ambassadeur de France en Suède quand il est nommé ministre des affaires étrangères, le 6 juin 1774, en remplacement du duc d'Aiguillon.

Sur son trajet de retour à Versailles, il est rejoint à Copenhague par Denon (expulsé de Russie) qui va l'accompagner jusqu'en France : un long voyage d'une dizaine de jours pendant lequel les deux hommes ont eu le temps de faire connaissance.

On ignore si Denon était chargé d'une mission diplomatique lors de son voyage en Suisse, mais il a écrit plusieurs lettres décrivant ses visites, ses contacts (dont une entrevue avec Victor Amédée III de Savoie)... toutes adressées à M. le Comte (sans autre précision). Leur conservation dans le dossier de Denon au Ministère des Affaires étrangères permet de supposer que le destinataire était le Comte de Vergennes.

 

Après son voyage en Italie et Sicile, Denon sollicite, par l'intermédiaire de Hennin, d'être nommé secrétaire d'ambassade auprès de Clermont d'Amboise, ambassadeur de France au royaume de Naples. Le ministre Vergennes donne son accord le 23 février 1779 :

«…Le suffrage que vous accordez au S. Denon ajoute à la bonne opinion que j’avais de lui, je suis très aise que vous jugiez qu’il peut remplir utilement auprès de vous les fonctions de Secrétaire d’Ambassade et j’espère que vous n’aurez jamais qu’à applaudir à son application et à ses qualités personnelles… »

En 1781, Denon est appelé, en titre de chargé d'affaire, à remplacer Clermont d'Amboise qui prend un congé pour visiter l'Italie. Hennin encourage Denon dans ce nouveau rôle, et note que Vergennes suit sa carrière :

« s’il se présente quelque circonstance qui puisse se faire jour je ne négligerai pas de rappeler le long noviciat que vous avez fait (…) continuez, Monsieur, à jouir paisiblement du sort qui vous fixe à Naples, on peut s’instruire partout. Le Ministre vous veut du bien, le temps deviendra plus favorable pour faire des pas dans la carrière politique »

De nombreuses intrigues agitent la Cour de Naples, en particulier du fait d'Acton, ministre et favori de la Reine. Denon informe Versailles de ces évènements, et est l'objet de calomnies et mises à l'écart de la Cour. Mais Vergennes l'assure de son soutien, dans un courrier de Hennin du 10 février 1784 :

«…M. le Comte de Vergennes est très bien disposé pour vous et ne vous laissera pas oisif, je crois bien qu’il vous procurera quelques gratifications…»

La nomination du baron de Talleyrand comme ambassadeur à Naples va mettre fin aux fonctions de Denon auprès de cette Cour, ainsi d'ailleurs qu'à sa carrière diplomatique.

Mais Vergennes n'abandonne pas son protégé, et formule - dans une lettre au Cardinal de Bernis - une demande d'attribution de pension à son profit :

« Le ministre de Clermont d’Amboise a rendu les meilleurs témoignages de la conduite et du zèle du sieur De Non, justifiés d’ailleurs par sa correspondance de trois années en qualité de chargé d’affaires à la cour de Naples. J’ai l’honneur de proposer au Roi de bien vouloir par ces motifs accorder audit sieur De Non une pension de 2 400 livres sur le trésor royal et d’y ajouter une gratification extraordinaire de 10 000 livres sur les fonds des Affaires étrangères tant pour les frais de retour de Naples que pour toutes répétitions de sa part relativement aux fonctions qu’il y a remplies. »

Cette demande sera satisfaite par décret royal du 2 octobre 1785.