Goethe

Denon chez Goethe à Weimar
Goethe à 79 ans par Joseph Karl Stieler en 1828.

Denon chez Goethe à Weimar

Article Wikipedia sur Johann Wolfgang von Goethe

Denon et Goethe se sont rencontrés une première fois à Venise en avril et mai 1790.

Suivant les armées impériales en Allemagne, et peu après les défaites prussiennes d’ Iéna et d’Auerstedt, Vivant Denon rend visite à Goethe à Weimar où il reste quelques jours en Octobre 1806. Goethe, totalement enchanté, parle de retour de l’arc-en-ciel après l’orage de la guerre ! L’écrivain, déjà célèbre, accumule les charges liées à la politique culturelle du duché de Weimar. Les deux ministres ne manquent pas de sujets de conversation, dont malheureusement aucune trace ne nous est parvenue. Denon assitera, le 19 octobre, au mariage de Goethe avec Christiane Vulpius.

Puis Denon suit Napoléon à Berlin d’où il entreprend une correspondance régulière avec Goethe qui, malgré l’hostilité croissante en Allemagne face à l’occupation française, n’hésite pas à professer publiquement ses sentiments inaltérables d’amitié et d’attachement pour le ministre des Arts de Napoléon. Les deux hommes ne devaient plus se revoir, mais encore vingt-cinq ans plus tard, Goethe évoquait dans son journal les retrouvailles lumineuses d’Octobre 1806:

"En 1806, le général Dentzel a logé Monsieur Denon chez moi; l'amabilité de Monsieur Denon m'a consolé des incommodités de la situation et sa présence a transformé les tristes jours d'alors en joyeux jours de fête."

 

Voir article, dans '"L'oeil de Napoléon", de Bénédicte Savoy "Denon chez Goethe à Weimar".

(voir : « Denon 1806 chez Goethe à Weimar », communication de Manfred NAUMANN in actes du colloque Chalon 1997 – « Vivant Denon, 250 ans de mystères »)

Opinions de Goethe sur la peinture

1772, 1776, 1786 :

  • « Je ne puis dire à quel point je hais nos artistes poudrés peintres de marionnettes : ils ont séduit les femmes avec leurs poses théâtrales leurs visages aux couleurs fausses et leurs vêtements bariolés. Ô viril Albrecht Dürer, bafoué par les ignorants, combien autrement j'admire tes traits burinés41».
  • « Ne rien sous-estimer, ne rien tourner en ridicule, ne rien embellir, ne rien enlaidir, que le monde soit pour toi comme l'a vu Albrecht Dürer, avec sa vitalité et sa virilité, sa force intérieure, sa fermeté42».
  • « Ah si la chance avait poussé Albrecht Dürer un peu plus loin en Italie ! À Munich, j'ai vu quelques pièces éminentes de lui. Le pauvre homme, comme il s'est fourvoyé à Venise en passant un contrat avec les curés, perdant ainsi des semaines et des mois ! Comme aux Pays-Bas où il croit saisir sa chance en échangeant des œuvres d'art merveilleuses contre des perroquets et où, pour s'épargner un pourboire, il fait le portrait des domestiques qui lui apportent une coupe de fruits. Un pauvre fou d'artiste comme lui me touche profondément, car au fond, c'est aussi mon destin sauf que je sais un peu mieux me venir en aide43».