St Non

Jean-Claude Richard de Saint-Non
Portrait de Jean-Claude Richard de Saint-Non, Jean-Honoré Fragonard, Figure de fantaisie (vers 1775) Paris, musée du Louvre.

Jean-Claude Richard de Saint-Non

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Jean-Benjamin de Laborde et Jean-Claude Richard, abbé commendataire de Pothières, dit de Saint-Non, sont les instigateurs d’un vaste projet, celui de la publication d’un récit de voyage en Italie du sud.

De nombreux auteurs avaient déjà rédigé des « voyages pittoresques », en 1756 Charles-Nicolas Cochin avait édité un « Voyage pittoresque en Italie ». Le sujet était à la mode. Laborde, financier du projet, est un ami intime de Denon et c’est vraisemblablement par lui que le diplomate-écrivain a été introduit dans l’entreprise. L’abbé de Saint-Non, en compagnie d’Hubert Robert et de Fragonard, avait déjà effectué un voyage en Italie entre 1759 et 1761. Le journal qu’il en avait rapporté était agrémenté de nombreux dessins.

 

Une société est créée le 5 août 1777 en l’étude Prévost de Paris pour « l’exécution de l’ouvrage contenant le voyage pittoresque d’Italie ». Laborde disposait de la moitié du capital (30 000 livres), l’abbé et son frère Louis Richard de la Bretèche devaient verser l’autre moitié.

Laborde rédigerait le texte, l’abbé les dessins et les gravures, mais Saint- Non, âgé de 50 ans ne pouvait lui même faire le voyage et diriger l’équipe de dessinateurs. C’est alors que Laborde proposa son ami Denon « amateur de tous les arts, dessinant comme un professeur, rempli de goût, d’esprit et de talent » pour cette mission. Celui-ci serait chargé « de présider aux travaux des dessinateurs et de décrire ensuite tous les objets qui lui paraîtraient dignes de l’être ».

Le but de l’expédition était, comme nous l’avons dit, de fournir un récit de voyage accompagné de dessins qui seraient gravés et édités. Il existait en effet un public très amateur de ce genre de production. Sans attendre les envois de Denon, Laborde lançait une souscription et le 9 mars 1778, les graveurs Née et Masquelier remettaient les planches de la première livraison. Puis les livraisons se succéderont jusqu’en 1780.

Le texte envoyé par Denon satisfait Laborde mais Saint-Non estime nécessaire de le réécrire et le premier volume, « Voyage pittoresque de Naples et de la Sicile » paraîtra durant l’été 1781 avec privilège donné aux sieurs Richard de la Bretèche et abbé de Saint-Non. Laborde se trouve ainsi évincé. En outre, un désaccord financier naît entre les associés ; aussi préfère-t-il se retirer de l’opération.

En 1786, paraîtra le dernier des cinq volumes du « Voyage pittoresque de Naples et de Sicile » de Jean Baptiste Claude Richard, abbé de Saint-Non, éliminant de fait Denon comme participant à l’ouvrage, celui-ci est fort mécontent. Par ailleurs, Laborde, dont nous avons mentionné plus haut le désaccord avec Saint-Non, publie le 15 février 1787 une « pseudo » traduction : « Le voyage de Swinburne », dans lequel se trouvent de larges extraits du journal de Denon. Celui-ci ne réagit pas et c’est le 17 décembre 1788, qu’il publie un « Voyage en Sicile par M. de Non, Gentilhomme ordinaire du roi et de l’Académie royale de peinture et sculpture », qui n’est autre que le volume publié l’année précédente sous couvert de Swinburne.