Sir John Acton

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Article de Wikipédia sur Sir John Acton

John Acton,après un succès militaire, était devenu Commandant en chef de la Marine du grand-duché de Toscane lorsque la reine Marie Caroline persuada son frère, le grand-duc Léopold de Toscane, de lui détacher Acton pour réorganiser la Marine royale du Royaume des Deux-Siciles. Il entra en fonction fin 1778.

Denon pour sa part est nommé secrétaire d'ambassade en avril 1779, et sera amené à suppléer l'ambassadeur Clermont d'Amboise à partir de juillet 1782. Il a donc assisté à l'avancement rapide de John Acton, qui devint commandant en chef de l'armée et de la marine du royaume de Naples, ministre des finances puis Premier ministre.

Acton était le favori de la Reine – la rumeur l'a même dit son amant, bien que la Reine s'en soit vigoureusement défendue. Sa politique, s'appuyant sur la volonté de la Reine de s'affranchir de l'influence des Bourbons, était conçue de concert avec l'ambassadeur britannique, William Hamilton, et destinée à substituer dans le royaume de Naples l'influence de l'Autriche et de la Grande-Bretagne à celle de l'Espagne.

Denon, au contraire, avait pour mission de maintenir l'influence de la France à Naples : les rapports entre les deux hommes ne pouvaient donc qu'être compliqués, et devirent rapidement conflictuels.

Denon, dans ses nombreuses dépèches, remonte à Versailles tout ce qui se passe à la Cour de Naples, et en particulier ce qui concerne Acton, dans des termes très critiques :

« Je ne sais pas, Monseigneur, si Mr le Chevalier Acton après avoir dit des inconséquences, après les avoir écrites, et ensuite les avoir faites, pense, par des personnalités, m’en rendre responsable. Je désire qu’après des légèretés d’une telle conséquence, il reste persuadé que l’on ne s’en tire pas avec des mots et des phrases. »

« ...M. Acton depuis ce moment craint tellement que je ne me trouve dans le cas de parler à cette Princesse qu’il fait la guerre à l’œil (sic) menace et défend de me voir à tous ceux qui pourraient me ménager la moindre intelligence au Palais, il s’est porté même aux plus violentes accusations il y a quelques jours contre une des femmes de chambre chérie de la Reine qu’il avait surprise, disait-il, comme elle me parlait, ajoutant qu’elle était de sang français et vendue à la France… » (septembre 1782).

Versailles le rappelle vivement à l'ordre et lui indique qu'il doit faire preuve de retenue dans ses rapports. Mais Denon indique à Hennin en décembre 1782, qu'il a appris, suite à une indiscrétion du ministre de la marine, que « …M. Acton non seulement fait ouvrir les lettres que vous me faites l’honneur de m’écrire, mais en altère le sens dans les copies qu’il en fait faire… ».

Nouvelle plainte en janvier 1883 : « Au reste, Monseigneur, je ne dois point vous laisser ignorer que la haine de M. Acton pour moi est d’autant plus forte que jusqu’à présent il ne peut l’appuyer sur le relèvement des fautes qu’il a commises, il ne me voit point de sang-froid, et mes politesses froides malgré sa grossièreté, lui font pour ainsi dire perdre contenance lorsque le hasard me fait rencontrer avec lui…».

Le Cardinal de Bernis, envoyé à Naples en modérateur de relations avec la France, donne à son retour confirmation des rapports de Denon : «…Toutes les choses dont M. le Cardinal de Bernis a été témoin et dont il a rendu compte à S.M. ont confirmé pleinement, Monsieur, les rapports que vous avez faits successivement de l’état de la couronne de Naples et des dispositions des personnes qui y ont aujourd’hui la plus grande influence. Vous êtes sur un théâtre bien orageux... » (juin 1784).

Denon fut en quelque sorte victime de ces conflits, et sa carrière diplomatique prit fin à l'arrivée du nouvel ambassadeur, le Baron de Talleyrand, en juillet 1785.

En mai 1804 Acton fut brièvement écarté du gouvernement à la demande des Français, recevant le titre de duc de Modica en compensation. Mais il retrouva rapidement ses fonctions qu'il assura jusqu'à l'entrée des Français dans Naples en février 1806. Il trouva alors refuge avec la famille royale en Sicile, où il mourut à Palerme en 1811.

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