Marie Caroline reine de Naples

Marie Caroline 1
Marie-Caroline d'Autriche vers 1770 par Georg Weikert.

Article de Wikipédia sur Marie Caroline d'Autriche, reine de Naples

Denon sollicite le grade d’attaché d’ambassade, la cour de France le lui accorde avec l’appui de l’ambassadeur, Jean Baptiste de Clermont d’Amboise, le 23 septembre 1779. Dans une première phase, il est appré­cié à la cour pour ses qualités d’homme du monde, et de ses supérieurs qui notent avec satisfaction la qualité de ses rap­ports, en particulier sur les évènements naturels (éruptions du Vésuve et tremblement de terre dans les Pouilles). En mars 1781, Laborde transmet à Vergennes une demande faite par la reine de Naples à sa sœur - Marie Antoinette reine de France -  pour attribuer à Denon la croix de Saint-Louis, bien que la durée de ses fonctions soit insuffisante pour lui permettre de la recevoir. Lors de la naissance de son premier fils, en novembre 1781 « …La Reine de Naples dans le transport de joie que lui a causé la naissance du Dauphin a fait présent à M. Denon d’une bague de brillants et d’une belle tabatière émaillée. » (dépèche de Clermont à Hennin)

 

Mais sa situation se dégrade progressivement, d’une part à cause de l’effacement de Clermont qu’il supplée et par la montée en puissance d’Acton, le favori de la reine Marie-Caroline qui le prend en grippe car elle ne veut pas de l’influence française et souhaite se rapprocher de Vienne et de sa mère l’impératrice Marie-Thérèse. 

« Quelquefois par excès de bonté la Reine de Naples permettait que je la visse, j’avais la liberté de lui parler, elle m’écoutait avec complaisance et voulait bien discuter avec moi sans m’obliger d’être toujours de son avis, M. Acton qui le savait et le souffrait suivant toute apparence avec peine, a saisi l’occasion de m’éloigner ; n’ayant par mon existence aucune occasion d’approcher la Reine j’en ai été absolument séparé depuis l’arrivée de la frégate « la Vestale... » (lettre chiffrée de Denon à Versailles le 28 septembre 1882).

Il commet de plus des maladresses dans sa correspondance diploma­tique où il critique la cour de Naples, ce que Versailles lui reproche à plusieurs reprises. La Cour de Naples omet plusieurs fois de le convier à des manifestations officielles...

Il y a cependant quelques accalmies dans les vexations que la reine fait subir à Denon. En avril 1785, il lui apporte la nouvelle de la naissance à la Cour de France du Duc de Normandie : «…la Reine m’a fait dire de passer chez la Szaffata, qui avait à me remettre les lettres ci jointes pour Leurs Majestés et Madame Elisabeth. La Reine avec sa magnificence ordinaire y avait joint en témoignage de sa satisfaction de l’heureuse nouvelle que j’avais eu le bonheur de lui porter, une boite émaillée et une bague avec son chiffre entouré de brillants…»

Clermont souhaite prendre définitivement sa retraite et doit être remplacé par Talleyrand, dont on attendra l’arrivée pour effectuer le rappel de Denon en août 1785.

Il demande alors sa retraite qui lui est accordée et se replie à Chalon puis à Paris jusqu’en 1788.

Voir: Eugène Müntz - Une soeur de Marie Antoinette : la reine Marie-Caroline de Naples d'après la correspondance inédite de Vivant-Denon -  - "La Revue hebdomadaire", Le Temps 11 mai 1901